FEMMES AU TRAVAIL: SOYEZ STRATEGES OU RENTREZ CHEZ VOUS?

FEMMES AU TRAVAIL: SOYEZ STRATEGES OU RENTREZ CHEZ VOUS?

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J’imagine que plusieurs femmes comme moi ont dû, les yeux vers le ciel, entendre ces commentaires: “Les hommes n’aiment pas les femmes trop diplômées”, “Tu fais des études sans fin et tu ne penses pas à te marier”, “Tu penses carrière mais tu as presque 30 ans et pas de bébé?”, “Tu es intelligente mais si tu ne sais pas être attirante, ne t’étonnes pas de ne pas monter en grade”, “Regarde celle là, elle a passé sa vie à bosser. A 40 ans elle est seule et malheureuse”, “A un moment, tu vas devoir choisir entre tes enfants et ta carrière”…Bref, la liste est longue. Je vous laisse donc la compléter.

Mais honnêtement, chère femme, il arrive des moments de doute où l’on se demande si toutes ces affirmations ne sont pas finalement un peu vraies?

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Et là, lumière! Les choses se sont clairement fixées dans ma tête à la conférence donnée par Claire Leost, auteure du livre “Le rêve brisée des working girls: Comment éviter les pièges” et co-organisée par la galerie VO’Z et le Club des 52.

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Je vous fais un bref résumé avec mon grain de sel qui j’imagine vous fera courir acheter ce livre puis d’autres livres sur le sujet mais surtout vous  redonnera confiance:

La négociation du salaire

C’est là où nous commençons toute la course avec un boulet au pied. On nous a tellement appris que “demander ce Salaire femmen’est pas poli” que quand un salaire nous est attribué on le prend toute de suite avec gratitude ou on essaye de marmonner une négociation et puis finalement, on accepte ce qui nous a été proposé.Les hommes eux, n’hésitent pas du tout à négocier leur salaire. Ainsi, ils commencent, à poste égal et qualification égale, avec un meilleur salaire.

Il faut donc se renseigner sur la grille des salaires de l’entreprise, questionner des professionnels du corps de métier visé afin de savoir sur quelle base négocier, réclamer les augmentations annuelles… Par dessus tout, se souvenir que demander la juste rémunération de ses compétences, ce n’est pas un péché.

 

Le rôle ou la place du conjoint

En général, les femmes qui veulent faire carrière se mettent en couple avec un homme du même niveau voire de niveau supérieur d’éducation. Ils poursuivent tous deux de belles carrières jusqu’à l’arrivée des enfants.

En effet, il se pose dès lors la question du sacrifice de carrière de l’un ou l’autre des conjoints pour s’occuper des enfants. Le choix se fait, dans la plupart des cas, sur le critère de “celui qui gagne moins se sacrifie”. Et ayant déjà mal commencé la course, c’est la femme qui met un frein à sa carrière pour s’occuper des enfants. Cette question doit donc se régler dès le départ quand tout est nouveau tout est beau: il faut non seulement discuter de nos plats préférés, de nos destination voyages de rêve, du nombre d’enfants mais surtout du partage du sacrifice pour le bien-être des enfants.

En outre, une femme n’a pas besoin d’arrêter de travailler pour s’occuper de ses enfants en bas âge. Une bonne nounou en semaine avec quelques heures passées le soir  ainsi que les week-ends et les vacances scolaires suffiraient quand l’enfant est en bas âge. Plusieurs éducatrices ont souligné que la période où l’enfant a le plus besoin de la présence de ses parents est l’adolescence…

Une des stratégies serait donc de faire des enfants autour de 30 et 40 ans, période idéale aussi pour faire carrière si on partage les charges entre conjoint et qu’on s’arme d’une bonne aide. Ainsi à 40-45 ans, quand l’enfant devient adolescent, on a une carrière établie et l’on peut être plus présente à la maison pour éviter les dérives de l’adolescence. Ce n’est qu’une stratégie entre plusieurs parce qu’à la fin chacune fait ses enfants quand elle veut mais doit s’organiser de façon stratégique. C’est l’art de la guerre!

La grossesse

“Le problème des femmes ce sont les enfants. Dès qu’elles tombent enceintes, tout bascule”.

Pourtant, même les femmes qui abandonnent tout pour leur carrière sont elles aussi dénigrées par leur pairs quand vient le moment des cooptations aux postes d’influence. On les qualifie d’aigries, de non épanouies et de frustrées de la vie, de sorte de monstre et donc inaptes à occuper ces postes de haut niveau qui nécessitent non seulement l’intellect mais aussi une grande facilité et amabilité en société.On peut prendre pour exemple les femmes allemandes qui font partie des femmes faisant le moins d’enfants au monde mais qui n’ont pas vue leur situation dans “la cours des grands” changée depuis lors.

Par ailleurs, l’entourage avec ses “rentre chez toi, tu es enceinte.Ce n’est pas bon pour la santé de ton bébé”, “elle est enceinte, on évitera de lui confier une telle ou une telle autre mission”, met une pression à la femme enceinte qui se met en retrait et se sent coupable. Il faut absolument arrêter de culpabiliser mais continuer de se positionner et rester au fait de ce qui se passe dans l’entreprise même au cours de son congés de maternité pour ne pas être trop larguée à son retour. Etre enceinte, ce n’est pas une maladie!

Le réseau

Femmes, arrêtons de manger à midi devant nos écrans ou courir rentrer le soir pour faire à manger. Networkons! Car pendant ce temps, les hommes multiplient dîners professionnels entre midi et deux. Ils font de multiples activités dans divers réseaux professionnels (Partie de golf, Dégustation de vin..). Ils sont donc au fait des postes à pourvoir, leur noms sont connus et donc facilement cités quand des postes de haut niveau sont à pourvoir. Ils concluent également de nombreux contrats qui mettent en avant leur carrière rien que par réseautage.

Pendant ce temps, quand les femmes se rencontrent, elles discutent pour la plupart du temps de “comment le monde est méchant envers elles”, elles font des ateliers cuisine ou tricot ou atelier méditation…Nous devons augmenter nos rencontres à but de faire avancer nos carrières mais aussi pénétrer les réseaux d’hommes et voir comment cela fonctionne et y faire notre place.

On a été intelligente et stratège à l’école. Il faut porter cette attitude en entreprise et arrêtez d’être naïve.

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La solidarité

Enfin, inutile de répéter Madeleine Albright qui a affirmé: “There is a special place in hell for women who don’t help other women (Il y a un endroit spécial en enfer pour les femmes qui n’aident pas les autres femmes) “. Cela n’a été que trop dit mais cela continue sinon va de mal en pis. Quand les femmes atteignent des postes de haut niveau, elles le considèrent comme une chasse gardée. Elles sont prêtes à tout pour maintenir les autres femmes hors-jeu alors que l’union fait la force. Elles ont mêmes des jugements plus sévères- sinon méchants- que les hommes envers leurs consœurs qu’elles devraient normalement comprendre et aider…Sur tous les continents, le constat est le même.

Tant que les femmes se feront la guerre à l’arbre lourde, les hommes, eux, se feront la courte échelle et continueront leur ascension sans nous.

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La liste est longue. Mais nous devons garder en tête qu’une femme peut avoir une carrière fulgurante tout en étant pleinement épanouie dans sa vie sociale et familiale.

Tout est une question de stratégie car le monde de l’entreprise n’est pas vraiment un monde de méritocratie mais aussi et surtout un monde de fines stratégies.

Il ne faudrait cependant pas oublier qu’une grande part de tous ces clivages vient de la manière dont nos mères ont éduquée leurs filles et garçons comme le souligne Chimamanda Ngozi Adichie.

J’attends avec impatience vos commentaires, vos apports, vos stratégies…

Aurore

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